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Ne dites jamais : "fontaine.... "

 

Ne dites jamais "fontaine, je te collerai une colonne Morris". L'expérience vécue par les habitants du village d'Arare illustre parfaitement cette maxime...

Nous sommes en 1993. Le HC Genève Servette mange son pain noir en 1ère ligue, Léo Ferré nous quitte pour un monde meilleur alors que Miguel Indurain remporte son 3ème tour de France. A New-York, un attentat à la bombe fait 6 morts et plus de 1'000 blessés au World Trade Center.

A Arare, la rénovation de la fontaine du village qui commençait à montrer des signes de vieillesse (article de La Suisse du 14 décembre 1991) vient d'être terminée et cette année 1993 va la faire entrerde plein pied dans l'Histoire.

(Avant) (Après)

Le mieux n'est pas toujours l'ennemi du bien, du moins pour certains. C'est ainsi que la commune, dans la foulée des travaux de rénovation, fait part de sa volonté d'installer une colonne Morris près de la fontaine. A Arare, c'est la stupeur et très rapidement la tension monte. L'opposition s'organise face à ce que certains considèrent comme une véritable atteinte à la beauté du lieu. D'autres s'indignent de voir installer au centre du village une colonne qui n'aurait même pas les dimensions requises pour des affiches de publicité "standard". La Tribune de Genève du 24 juin 1993 se fait l'écho des protestations. En vain! Malgré une vive opposition des riverains (une pétition de 100 signatures a été organisée), la désormais fameuse colonne est installée et trône crânement au milieu des quelques 300 habitants d'Arare médusés.

La voie politique n'ayant pas permis d'éviter le pire, une cinquantaine de rebelles mettent à exécution leur menace d'attentat. Le 10 août 1993, un véritable commando déplace la colonne d'une trentaine de mètres, lavant ainsi l'outrage fait à l'harmonie du lieu. La Tribune de Genève du 11 août parle d'acte sécessionniste.

Il n'en fallait pas plus pour déclencher une véritable crise politique dans la commune. La Tribune relate la colère de la Mairie. Les élus d'Arare se font vertement sermonner par leurs pairs de Plan-les-Ouates.

Finalement, le nouvel emplacement est avalisé par la mairie. La raison l'emporte et les rebelles peuvent crier victoire. La Tribune annonce la paix retrouvée et une déclaration officielle du Conseil Administratif enterre définitivement la hache de guerre.

Faute de bardes (les C nos Vis n'existaient pas encore) et de sangliers, tout le monde s'est retrouvé autour de la fontaine et d'un verre de vin.

 

Aujourd'hui la colonne Morris s'épanouit aux centre sportif des Cherpines et un magnifique banc l'a avantageusement remplacé à côté de la fontaine. Si les Gaulois ont leur bastille, les jurassiens leur bélier et les valaisans leur Matze, les habitants d'Arare ont désormais leur fontaine...

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Cette page à été réalisée grâce à la précieuse contribution de Caddy.

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